Communiqué de presse Eurofins Laboratoire de Microbiologie de l’Ouest du 21/11/23


Nantes, le 21 novembre 2023

Le dédommagement réclamé par LACTALIS à ELMO suite à la crise de décembre 2017 : une demande sans fondement par laquelle LACTALIS cherche à masquer sa propre responsabilité

Certains médias français sont revenus le 20/11/2023 sur des procédures visant depuis 2017 le groupe Lactalis et sur une procédure au tribunal de commerce contre Eurofins laboratoire de microbiologie de l’ouest (ELMO) intentée par Lactalis.

Pour éviter tout malentendu, et rassurer ses clients et partenaires, ELMO publie donc cette première mise au point qui se limite à une petite partie des éléments démontrant les carences de Lactalis et sa responsabilité dans cette crise dont ELMO n’est en rien responsable et le caractère infondé des demandes de Lactalis.

Ignorant les résultats des analyses de ELMO ayant notamment révélé à plusieurs reprises depuis 2009 et à nouveau des août 2017 la présence dans l’usine de Craon du pathogène ayant contaminé les bébés, LACTALIS ne semble pas avoir mis en œuvre de façon appropriée les procédures de contrôle et de retrait prévues dans de tels cas. Une réaction adaptée aurait permis d’éviter la crise de 2017. Face à ses propres carences, et pour éviter de faire face à sa responsabilité, LACTALIS formule une demande d’indemnisation sans fondement et ne fournit aucune information sérieuse quant au préjudice subi.

En avançant un montant aberrant d’une telle importance, LACTALIS cherche à donner de la crédibilité à ses demandes.

La démarche de LACTALIS est d’autant plus infondée que le Groupe LACTALIS n’a cessé de 2017 à aujourd’hui de confier des analyses à ELMO, témoignant de sa confiance en le travail réalisé.

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Suite à la crise de décembre 2017, LACTALIS, vraisemblablement pour faire diversion de sa mise en cause par les pouvoirs publics dans le cadre d’une procédure pénale toujours en cours et dans le cadre de laquelle Lactalis a été mis en examen le 16 février 2023, a sollicité le 10 avril 2018 une expertise devant le Tribunal de commerce de Paris. Cette expertise visait à ce que soient examinées les causes et origines de possibles défaillances des analyses confiées à ELMO par LACTALIS.

L‘expertise est toujours en cours.

La cour d’appel de Paris, le 8 mars 2023, a rappelé qu’une telle expertise exige en amont une revue des prélèvements réalisés chez et par LACTALIS et soumis à analyse par ELMO.

Cette décision vient recentrer les débats et sanctionne l’instrumentalisation que LACTALIS fait de l’expertise qu’elle a sollicitée.

Dans ses écritures, LACTALIS vient formuler une demande d’indemnisation exorbitante. En avançant un montant d’’une telle d’importance, LACTALIS cherche à donner de la crédibilité à ses demandes.

Cette demande est infondée au regard de nombreux éléments factuels et notamment des détections de salmonelles par ELMO dont a été informée LACTALIS depuis 2009 et de nouveau en 2017 : en dépit de nombreuses alertes LACTALIS se semble pas avoir pris les mesures requises.

ELMO a rendu 2 résultats positifs sur des échantillons de l’environnement de l’usine de Craon en août et en novembre 2017. Ces deux positifs d’août et novembre 2017 s’inscrivaient dans une série de trois positifs détectés Salmonella Agona par ELMO en 2009, 2011 et 2014 dans l’usine de Craon qui témoignaient de la persistance de cette bactérie.

LACTALIS s’est semble-t-il refusée à mener des investigations sérieuses et à mettre en œuvre les mesures requises.

La qualité des analyses de ELMO ne saurait être mise en cause. LACTALIS a fait appel à un autre laboratoire dès novembre 2017, dont les résultats confirment la qualité du travail de ELMO.

La démarche de LACTALIS vise vraisemblablement à éluder sa propre responsabilité et à éviter tout débat quant à ses propres carences, tant au regard de la manière dont les prélèvements des échantillons soumis à analyse auraient dû être effectués par LACTALIS qu’au regard des mesures qui auraient dû être mises en œuvre par les équipes de LACTALIS Craon.

LACTALIS formule une demande d’indemnisation sans fondement, évitant de fournir des données sérieuses ou même de préciser l’indemnisation dont elle a déjà bénéficié

En sus du fait que Lactalis porte, du fait de ses carences, toute la responsabilité d’une crise dont ELMO n’est en rien responsable, LACTALIS formule une demande dont le montant exorbitant vise à éviter tout débat sur ses propres carences.

Cette demande n’est étayée par aucune donnée sérieuse et se contente d’un chiffrage global sans qu’aucune information précise ne soit communiquée.

Une telle opacité n’est pas admissible et les experts désignés attendent toujours la communication d’informations essentielles.

Dans le cadre de l’expertise, la Cour d’appel de Paris – dans un arrêt du 2 novembre dernier – a d’ailleurs tiré les conséquences d’une telle opacité en rejetant la demande de LACTALIS visant à intégrer ses filiales.

LACTALIS s’est également refusée à préciser l’indemnisation dont elle a déjà bénéficié, traduisant la visée purement médiatique et de communication de sa demande.